|
Petit précis pratique et comparatif photographique
* Argentique - numérique :
Les évolutions techniques proposent différents critères qui motivent
les choix entre les techniques anciennes, argentiques et les nouvelles techniques numériques. La masse des utilisateurs a déjà choisi le
numérique. L’analogique qui n’était pas jusqu’alors une technique vouée au
musée commence à devoir faire face à une concurrence qui s’affirme de plus
en plus.
Les deux procédés n’ont pas la même finalité. L’un est en développement
constant. L’autre n’a plus besoin de s’affirmer. Il est par contre desservi par la mise en pratique de nouvelles techniques automatiques de développement, d’une lourdeur et d’un coût trop importants. Cette évolution est aggravée par une baisse considérable de compétences des commerçants qui sont
au contact des derniers utilisateurs.
- Surface sensible argentique :
La surface photographique chimique argentique actuelle est l’aboutissement de près d’un siècle d’améliorations perpétuelles.
Améliorations qui ont abouti à des surfaces sensibles disposant d’une
qualité de micro-différenciation phénoménale. Une image 24 x 36 pourra être agrandie et offrira une image de grande surface sans déformation et respectant
les couleurs. Cela suppose des développements de haute qualité.
Elles supportent même des erreurs de pose.
La sensibilité peut être très importante et même être augmentée
considérablement aux cours des opérations de développement, au prix d’une diminution de la qualité finale.
Les appareils photos modernes, pour preneurs de vues moyens, sont équipés
de tous les dispositifs qui permettent des prises de vues en couleurs sans difficultés dans des conditions extérieures variables. Le preneur de photos
pouvant la plupart du temps se contenter d’appuyer sur un bouton. Il demeure tributaire du commerce pour en obtenir un tirage sur papier.
La recherche d’une très haute qualité fera inéluctablement utiliser la
surface sensible argentique traditionnelle.
La photographie dans des conditions très difficiles n'est plus subordonnée
à cette ancienne technique. Elle nécessite toutefois l’achat d’un appareil très onéreux.
Les opérations de développement/tirages des surfaces argentiques ou
par procédés numériques sont maintenant effectuées par des machines. L’oeil humain n’est plus là pour apporter la correction du spécialiste qui assurera la venue d’une image idéale à la place d’une image de qualité moyenne.
Bilan économique :
Les matériels de prises de vues argentiques sont commercialisés à des
prix très bas. Par contre, l’achat et les traitements des surfaces sensibles
sont chers.
Les matériels de prises de vues numériques sont assez chers pour la
grande diffusion, très chers pour les appareils performants. On note une baisse constante des dispositifs mémoires. Il y a toujours paiement d’un
support papier qui n’offre pas la même qualité que le papier photo traditionnel.
Généralement, le client ne le demande pas.
Les clients de l’argentique :
Les photographes d’Art, de photographies complexes, pointilleux dans
le rendu des couleurs ou nécessitant un agrandissement très important continuent à l’utiliser.
Les appareils de prises de vues sont actuellement très économiques. Ils
sont équipés de tous les dispositifs nécessaires pour contrôler le recueil
de l’image.
Les utilisateurs qui ne sont pas concernés par ces spécificités de la
photo ont quitté l'argentique ou vont le faire pour se reconvertir dans les nouvelles techniques.
C’est ce que je viens de faire.
Le numérique :
Le numérique était, jusqu’à peu, l’inverse de l’argentique.
La grande masse des photographes utilisent très peu, voire pas du tout
les possibilités pointues des anciennes techniques argentiques. La photo,
pour eux, se recueille en appuyant simplement sur un bouton pour obtenir sans autres complexité la reproduction fiable d’un visage, d’un groupe
familial ou d’un paysage.
Toute complexité concernant la prise de vue sera considérée comme un
handicap pour cette pratique. La simplicité tout azimut est alors le critère maître de cette clientèle de masse. C’est elle qui fait vivre et se
développer l’économie de l’image.
La vision sur écran de télévision va également satisfaire pleinement
cette grande clientèle.
Pourtant la télévision est particulièrement peu adaptée pour reproduire
les couleurs et encore moins les détails. En effet, les degrés de précision
des points composant l'écran de télévision sont disproportionnés par rapport
à ceux, même limités, de l'appareil numérique qui a fait la photo.
Le numérique propose une suite de services répondant bien à ce que
souhaite la clientèle de photographes familiaux.
Cette très nombreuse clientèle a trouvé avec le numérique le système
idéal pouvant répondre à ses besoins de conservation de l’image.
La numérisation d’une image nécessite une surface sensible qui va la
recueillir et la définir par des points sensibles basiques.
Les points sensibles permis par l’image chimique sont, et pour longtemps
encore, incomparablement plus nombreux que le point basique de la surface électronique sensible d’un appareil numérique.
Ceci explique la différence de qualité fondamentale de précision de
l’image entre ces deux techniques.
Les 8 millions de pixels proposés par nos numériques de très haute
technologie devront attendre encore longtemps avant d’égaler les millions de points de l’argentique.
Les possibilités de recueil des images numériques sont variables d'un extrême à l'autre en fonction du nombre des informations que l’on souhaite conserver.
Une image transcodée dans un petit fichier ne pourra restituer qu’une
image de piètre qualité, ne supportant aucun agrandissement ultérieur.
Une image de qualité demandera un fichier beaucoup plus encombrant.
Cette variable sera également un critère pour la prise de vue.
L’enregistrement d’un fichier important sur un support mémoire demande
plus de temps que pour l’image la plus simple.
Les opérations de réglages souvent très complets proposées par les
appareils numériques actuels demandent également un certain temps avant de permettre la prise de vue.
La mémorisation d’une image est réversible. Elle peut être effacée ou
remplacée suivant les fantaisies du photographe.
Ces qualités de simplicité d’usage avec des contrôles multiples et
efficients sont très appréciés par la majorité des photographes amateurs.
Le facteur temps n’est pas dissuasif. La plupart des photos recueillies
sont posées.
Ceci explique le succès mérité de cette technique relativement récente.
Pour visionner les images recueillies, il y a plusieurs dispositifs :
- L’appareil de prise de vues dispose d’un écran à cristaux liquides qui
permet d’entrevoir les photos recueillies.
- L’appareil peut permettre la vision sur un écran de télévision à travers
un branchement filaire et une interface. La définition sera celle de la grille couleur de la télévision. Il sera abominablement bas. Ce n’est pas
un handicap. Le «client» est accoutumé à la vision dégradée d’un écran de
télévision.
- L’appareil peut-être connecté par fil à un appareil spécifique ressemblant à un poste de télévision. La qualité sera, pour les mêmes
raisons, la même que précédemment.
- L’image peut-être reportée tel quel par une imprimante sur un papier mat,
brillant, prévu pour ou non. Ce dispositif recueille actuellement, chez les possesseurs
d’un équipement informatique de qualité, un bon succès. Il a la souplesse du contrôle total des opérations de visualisation.
Il permet de procéder en amont à l’impression à la modification des
couleurs, au contraste des images et d’en modifier le cadrage.
Le commerce propose un service automatique semblable. On insère d’un
coté la carte mémoire et on obtient un tirage de chaque enregistrement, tel qu’il est (1) en sortie d’appareil après avoir payé la prestation.
- L’image peut-être enregistrée sur le disque dur d’un ordinateur. Cette opération permettra la correction des défauts éventuels de
l’image et son tirage ultérieur aux formats permis par l’imprimante connectée.
La qualité finale sera celle permise par la définition de l’imprimante.
Elle n’est pas très élevée.
Bilan technique :
Ce bilan, c’est un raisonnement froidement mathématique.
Il doit être corrigé par des réalités permises par le numérique.
Au cours de mes activités de visites de concours, foires et autres manifestations, je fais beaucoup de photos numériques.
J’ai recueilli quelques 490 photos en deux jours au concours du
Poitevin-mulassier de Dampierre-sur-Boutonne.
Les 490 fichiers ont été enregistrés sur le disque dur d’un ordinateur
chez moi.
Certaines vues ont été reprises pour agrémenter mon site
web.
L’ensemble des fichiers ont ensuite été copiés sur deux CD qui ont eux
même été dupliqués pour être donnés aux différents organismes qui ont organisé la réunion de Dampierre-sur-Boutonne.
Seule la numérisation de l’image permet cette opération.
Le prix de revient d’une multiplication des tirages m'aurait dissuadé d'une
telle diffusion.
* Bilan global :
La numérisation de l’image est une bénédiction pour le tandem
photographe familial/commerce. Photographe de famille qui n’utilise pas les
possibilités de pointe permises par les appareils modernes.
Les professionnels utilisent cette technique pour les mêmes raisons et
en plus, pour la possibilité de faire circuler l’image sur l’Internet (avec
une perte très importante de la qualité originale).
Les professionnels et certains amateurs qui recueillent beaucoup
d’images seront séduits par cette nouveauté. C’est mon cas.
Les photographes qui, pour leur art ou pour des prises de vues en
conditions très difficiles, vont devoir utiliser des numériques «haut de gamme».
Cela nécessite un investissement très important. Ils vont au moins dans un
premier temps rester (ou revenir) à l’analogique.
C’est ce que je faisais pour obtenir des images exploitables du
mouvement avec utilisation d’un téléobjectif avec une ouverture relative
moyennement élevée.
Il en est de même pour les photos à effet instantané (chutes de
cheval par exemple) ou le temps de réaction du numérique empêche une photo immédiate.
L’investissement financier permet maintenant de s’affranchir de ces
inconvénients, voire même de battre l’argentique.
L’ancienne technique n’est pourtant pas défunte. Elle continuera sans doute à être
utilisée pour certaines applications pointues ou pour compenser ce que le
numérique ne sait pas encore faire. Les possibilités de qualité fondamentale étant conservées et pour longtemps par l’argentique.
(1) la publicité dit : "tirage de photos au rendu absolument paradisiaque". La
pub caresse ses clients dans le sens du poil. Elle ne dit pas à ces clients, présents ou futurs, que leurs photos sont moches. Quand à la
vérité, hum !
* Appareils numériques utilisés :
- CANON PowerShot S50
Appareil disposant d’une surface sensible de 5.000.000 de pixels.
Il dispose de tous les dispositifs de réglages, aides etc
Il est relativement petit et se met dans la poche.
Inconvénients : lenteur de mise au point - Images et taches parasites
en cas d’utilisation de la sensibité maximum en intérieur.
Alors remplacé par :
- CANON PowerShot Pro1
Appareil qui dispose d’une surface sensible de 8.000.000 de pixels.
Il est équipé d’un objectif à très large focale variable.
Inconvénients : cher - sensibilité insuffisante - mise au point trop lente.
Qui est complèté par :
- CANON EOS 20D
Appareil qui accepte des objectifs interchangeables
Surface sensible de 8.000.000 de pixels.
Large choix de réglages.
Très sensibles et mise au point rapide.
Inconvénients : coûte très cher - volumineux.
En 2004 j’ai consommé 4 pellicules de 36 poses 800 ASA.
En 2005 j’ai mis mon appareil argentique sur l’étagère des appareils
qui ne seront plus utilisés. Je le conserve, au cas où ???
Pour pouvoir le faire, j’ai cassé ma tirelire. La quantité des photos,
de l’usage de l’appareil de prise de vues sur plusieurs années, sans frais
notables, me permet dans un premier temps d’amortir rapidement l’investissement ; et ensuite de faire une économie considérable.
Ce qui a définitivement tué l’argentique, ce sont les prix pratiqués et
le manque de sérieux technique pour développer et tirer mes photos.
Disposant déjà d'un ordinateur, j’étais tout à fait au top pour adopter
cette nouvelle technique. |
|
LES LOIS FONDAMENTALES
Loi 1: Peu importe la qualité de la photo que vous venez de faire. Le
pire reste toujours à venir. Cette loi reste valable quelque soit
l'appareil, en ayant une très fâcheuse tendance surnaturelle à se vérifier
tout au long de votre vie de photographe.
Loi 2: Votre meilleur photo s'ensuivra inexorablement par votre plus
mauvaise photo. Plus vous vous vanterez de votre premier agrandissement 30
x 40 et plus cette règle aura de probabilités d'être vérifiée.
Loi 3: Peu importe la raison qui a fait que vous avez raté votre photo
... la raison que vous invoquerez ne sera jamais celle que trouveront les
membres de frpn.
Loi 4: Moins le prix de votre appareil est élevé ... et plus les
conseils à votre égard sont nombreux.
Loi 5: Il n'est de pire douleur au monde que de rater une photo avec un
boitier à 2000 euros, si ce n'est de rater une photo avec un boitier à
3000 euros.
Loi 6 : Un photographe s'apercevra qu'il a oublié son flash chez lui, une
fois la nuit tombée.
Loi 7: Seul un mauvais matériel est responsable de votre photo
lamentable.
Loi 8: Les batteries tombent en panne au moment le plus intéressant de la
soirée... et vous avez oublié la batterie de rechange, bien entendu.
Loi 9: Les Canon ont tous été envoûtés et sont dotés de très
nombreux maléfices ... comme votre tout nouveau Nikon par la même
occasion.
Loi 10: Quand un photographe vous dit "Dommage !" , traduisez
par "Bien fait !". De la même manière, lorsque vous entendez
"Joli cliché !" ... comprenez
"Quel coup de bol !".
Loi 11: Les photos floues sont réalisées par les autres... vous ... il
s'agit toujours de création.
Loi 12: Quand il ne vous restera plus de place sur votre carte mémoire
c'est là qu'il va se passer des évènements à immortaliser. .
|